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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 09:42

Souk-ha-Carmel.jpg
Je suis arrivée à Tel Avil un 4 avril.
La température était raisonnable, 18°C.
J'étais rassurée, je m'attendais à pire.
J'avais suivi les conseils du Goût : Prendre le premier car pour arriver dans les premiers à l'Immigration.

Nous sommes allés chez "mi-ve-mi" (qui est qui), une institution qui n'existe plus.
Tel Aviv est une ville qui bouge, toujours en avance d'une mode. Israël c'est l'Amérique au Proche Orient.
Là, j'ai mangé la meilleure côte de porc de ma vie.
C'est facile, je n'en mange jamais...
Le lendemain, il faisait 43°C. La boîte où travaillait le Goût faisait une sortie en Galilée. On avait un guide. Le problème ? Il parlait hébreu. Ils parlaient tous hébreu de toute façon... J'avais chaud, je n'avais pas envie de m'extasier sur une petite fleur, il faut dire que les fleurs sont belles. La végétation est luxuriante malgré le manque d'eau.
Je venais de quitter Paris et mon fils alors la Galilée et ses pommes, je m'en moquais un peu.

Je me suis retrouvée, avant même de le souhaiter, à l'Oulpan mais j'ai quand même eu quelques jours pour découvrir la ville. J'habitais en plein centre de Tel Aviv, juste à côté de Dizengoff. Au bout de la rue, la mer. On ne peut pas dire que je sois fan de la Méditerranée, surtout dans ce pays où elle est trop chaude mais j'aimais prendre un café au frais et la regarder.

J'allais à shouk ha Carmel, un marché qui vous donne envie d'acheter des fruits que vous ne connaissez même pas. J'étais là depuis deux jours et j'ai vécu ma première alerte. N'oubliez pas, je suis une Parisienne pur sucre. Je voyais bien la mishtara (la police) hurler après des gamins. J'ai pensé que les gosses venaient de traverser hors des clous, j'ai fait pareil et j'ai continué à traverser.
On m'a hurlé dessus. En hébreu alors j'ai continué. La fliquette a essayé plusieurs langues, je n'ai pas fait attention, je ne me sentais pas concernée.

Brusquement, je me suis retrouvée jetée dans une marée humaine et silence.
On entendait les mouches voler, la vie s'est arrêtée, les bus, les voitures, un cordon de sécurité.
La foule retient son souffle, le robot sort, il fait exploser un paquet, quelquefois, c'est un sac oublié par un touriste, quelquefois, c'est autre chose, ensuite des jeunes gens habillés en cosmonaute fouillent les débris.

Voilà, c'est devenu mon quotidien. L'Ours venait souvent. Un jour, il fouinait dans une librairie. Le lendemain, la librairie avait disparu, les boutiques à côté aussi, dévastées par l'explosion.
C'était une période normale, pas de tension, juste des bombes...

J'ai toujours une tendresse particulière pour ce pays.
Ils sont rugueux mais vous ne crèverez jamais de solitude là-bas.

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commentaires

manouedith 16/07/2014 08:13


Merci pour ce moment de vie pas comme les autres, recommences on aime tu racontes si bien.


manouedith

liliplume 15/07/2014 22:34


nous en parlions ce midi même avec trois amies. Moi je n'y suis jamais allée. Peut être un jour ?

Oxygène 15/07/2014 21:50


De la nostalgie malgré des moments difficiles.... Ton émotion à ces souvenirs transpire à travers tes mots....

emiliacelina 15/07/2014 20:52


on sent que quand tu aimes! Tu aimes!!!!!   et celà ne t'empêches pas raconter les choses telles qu'elles sont!  J'aime bien ta note parce-que c'est du vécu. C'est plus vrai que les
infos!


Ceci dit, je ne crois pas que j'aurai apprécié....  trop peureuse!  Enfin, je crois! Mais qui sait ??

maevina 15/07/2014 18:28


je n'aurai jamais pu

juliette 15/07/2014 15:43


Ca doit quand même être terrible d'être sans arrêt sur le qui-vive. J'aime bien les juifs, mais je n'envie pas leur vie là-bas. Nous en avions beaucoup comme clients. Bon, quand il
s'agissait de marchander, ils nous en faisaient voir de toutes les couleurs, parfois, je me demande si mon mari n'est pas un peu juif à moins qu'il n'ait du sang gitan, j'aimais les voir
marchander, parfois, c'était le client qui gagnait, parfois, c'était mon mari, un jeu en quelque sorte. Nous en avions un dont le fils était allé à l'école avec mon fils, il est parti vivre en
Israël. Son père nous disait "allez en Israël, vous serez reçus comme des rois, M sera content de vous accueillir, je ne crois pas que c'était un vain mot, ils ont le sens de l'accueil. 
Mais, heu, en ce moment, pas trop envie d'aller là-bas.

Joëlle (mialjo) 15/07/2014 13:14


c'est triste!!! bisous.

muse 15/07/2014 12:45


Ce n'est pas une page de pub pour ce pays...

edith 15/07/2014 12:32


Très intéressant. J'espère que nous raconteras la suite.....

dhelicat 15/07/2014 12:13


un très beau bilet, et un quotidien très bien décrit dans une actualité ou la peur ne faiblit pas des deux côtés je suppose...

le-gout-des-autres 15/07/2014 11:42


Ce qui m'a frappé, là-bas, c'est que la peur, ce n'est jamais pour toi que tu l'éprouves, c'est toujours pour qualqu'un d'autre.
(de toute façon, quand ça t'arrive à toi, tu n'as pas le temps d'avoir peur)

Praline 15/07/2014 11:25


"... période normale, pas de tension, juste des bombes..."


Tu me fais frémir, la peur n'existe pas là-bas ?


Merci pour ce texte qui m'enseigne...

le-gout-des-autres 15/07/2014 10:37


Ah ça, la solitude, là-bas, c'est inexistant.
Des fois on aimerait même en avoir un peu...

Anne-Marie 15/07/2014 10:31


Merci beaucoup pour ce beau texte...C'est touchant cette tranche de vie, ton émotion est tangible, j'espère que tu  raconteras encore ta vie "là-bas", loin des clichés et des idées
préconçues...