Je ne suis qu'une trace, comme le sillage d'un parfum...
Avant, lorsque j'allais à Londres , j'avais vraiment la sensation d'être ailleurs, j'étais dépaysée, les bus rouges, l'arrogance des Anglais lorsqu'ils se promènent à cheval, bloquant toute la circulation. Harrod's, les pubs enfumés, la nourriture roborative et les tenues saugrenues de nos amis-ennemis anglais.
Aujourd'hui, l'Angleterre a perdu sa fierté, son insularité, Londres n'est qu'un chantier immense, les Français sont bientôt plus nombreux que les Anglais et les chaînes commerciales fleurissent. Pourquoi aller déjeûner au "Pain quotidien", c'est une chaine belge, alors que je peux le faire rue des Archives ?
Londres bruit, Londres travaille, Londres bouchonne, Londres s'agite et les Londoniens grossissent.
Et Paris dans tout ça ? Paris dort, j'en veux pour preuve ma soirée d'hier: Avant les vendredis dans ma rue étaient épiques, du bruit et de la fureur, des cavalcades, des bavardages animés sous mes fenêtres, des sirop cognac bruyants et une circulation intense.
Hier soir, j'ai cru être encore au mois d'Août, pas une voiture, pas un bruit, je me suis même demandé si les Parisiens vivaient cloîtrés par peur de la grippe A...